Ce que vous apercevez ici n’est qu’une fraction du monde.
Certains lieux se laissent décrire.
D’autres ne se révèlent qu’au fil du récit.

L’Académie de l’Invisible
Suspendue au-dessus des terres, l’Académie de l’Invisible veille sur Esteradia.
J’y ai découvert un lieu où le savoir se transmet à voix basse, où les chant parlent plus que les mots, et où le souffle se maîtrise avant de prononcer la première note.
On n’y apprend pas seulement à comprendre le monde — on y apprend à l’écouter.
La Croisée des Deux Terres
Au cœur de la Grande Forêt, la Croisée des Deux Terres ouvre une clairière unique.
Son phare guide les Ærolithes et éclaire les chemins, visible à des lieues à la ronde.
On dit qu’il oriente les voyageurs… et parfois les âmes qui ne savent plus où se poser.


Le Désert des Échos
Au-delà des marécages de Vhal, là où la brume noie les repères et décourage les pas, s’étend le Désert des Échos.
Un monde gris cendré, fait de dunes brisées et de plaques rocheuses, où le vent ne souffle jamais sans murmurer.
On dit que les Artélions y ont laissé plus que des ruines.
Des arches de métal rouillé, des tours éventrées, à demi enfouies sous le sable, émergent comme des souvenirs que le désert refuse d’oublier.
J’y ai marché sans parler.
Car ici, chaque mot semble revenir — déformé — comme si la terre elle-même écoutait encore.
Le Désert des Vents
Le Désert des Vents est un océan de sable doré, sans repos ni silence.
Les dunes y changent de place au gré de tourbillons visibles, et l’on y découvre parfois les fragments brisés des Ærolithes, abandonnés comme des carcasses offertes au vent.
J’ai vu les Ankarides traverser l’horizon, lancés au galop sur leurs Khuraans.
Ils ne suivent pas les routes — ils suivent le vent.


Le Royaume Faylin
Au-delà des Terres Dévastées, là où peu osent s’aventurer, s’élèveraient les Falaises du Royaume Faylin.
Immenses, abruptes, taillées comme des murailles naturelles, elles domineraient les flots et abriteraient, dit-on, le peuple Falyn, retiré du monde depuis des âges oubliés.
Nul ne s’accorde sur ce qui se trouve réellement au sommet de ces falaises.
Certains parlent de cités suspendues, d’autres de simples refuges battus par le vent. Tous, en revanche, évoquent ce qui s’étend au-delà : la Mer de l’Oubli.
Là-bas, même les routes refusent de se souvenir.
Tous les lieux d’Esteradia ne se laissent pas encore raconter.
Leurs noms demeurent sur les cartes, mais leurs récits attendent leur heure.
Dans les Monts Célestes, le Chant n’aurait jamais cessé.
Dans la Faille du Monde, le Silence veille.

Un monde suspendu entre le Chant et le Silence
© Brice Clément — Tous droits réservés






